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L'illusion de la facilité?
- Paru le 27/01/2005
- Déjà lu 6215 fois.

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Cours formateurs flashover - Draguignan (Canjuers-France) 2009
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Pédagogie et formation bulletOpinion: Revoir la formation


Les deux précédents articles ont permis de constater que se focaliser sur les feux de locaux en tant qu'événements particuliers et les analyser de façon théorique mais surtout de façon isolée, ne donnait pas résultats probants.
Dans cet article, nous allons tenter de voir ce qui différencie le format actuel de formation de la réalité du terrain, afin de dégager des pistes d'actions, pistes que nous utilisons d'ailleurs dans le cadre de la formation des Sapadores-Bombeiros du Brésil.

Le décalage
Les Sapeurs-Pompiers ont toujours eu du mal à analyser leur propre comportement, à se juger et donc à s'améliorer. Le processus d'amélioration continue, chère aux entreprises ISO, leur est globalement inconnu. L'évolution se faisant par à-coups, cette évolution est généralement précédée par des années de navigation à l'aveugle. Dans leur ouvrage "Les sapeurs-pompiers. Des soldats du feu aux techniciens du risque" (PUF-2000), les sociologues Dominique Boullier et Stéphane Chevrier ont analysé les sapeurs-pompiers afin de mieux les comprendre. Le chapitre sur la formation est toujours d'actualité. Il traite du RIM (l'ouvrage est issu de travaux de recherche datant de 1996) en indiquant que tout le monde doit l'utiliser pour l'instruction mais que "par un étrange glissement qui indique que le temps a fini par avoir prise sur l'organisation, les sapeurs-pompiers apprennent, pour préparer l'examen, des manoeuvres qu'ils ne réalisent pratiquement pas dans l'activité quotidienne".

La théorie inutile
La théorie sur les feux de locaux est une théorie qui peut être très longue. Expliquer la pyrolyse peut demander des mois et nécessiter des dizaines de formules. Il faut pourtant se demander si, au delà du fameux "c'est intéressant de savoir ça", cette théorie a un intérêt en opération. Prenons le cas de la fumée: imaginons que sa couleur puisse donner une indication précise sur ce qui va se passer, comment ça va se passer, et quand. Il serait alors facile de préparer une petite bande de papier avec un dégradé de couleur (du blanc au noir), avec pour les différences nuances de couleurs, une indication: installer une lance de 45, installer 2 lances de 45, installer une lance de 70, interdiction d'entrer, ventiler par le bas, ventiler par le haut etc... On plastifie notre petite bande de papier, on en donne une à chaque chef d'agrès et le tour est joué: il suffit de regarder la fumée, de regarder sur la bande de papier pour trouver la couleur correspondante et de réaliser l'action indiquée.
Si on nous répond "Ah oui, mais ce n'est pas si facile que ça parce que ça dépend de ceci, de cela, de l'expérience" etc... cela signifie qu'en opération cette théorie ne sera d'aucune utilité car devant le feu avec les gens aux fenêtres et la panique générale, le Chef d'Agrès n'a pas le temps d'intellectualiser.

Pire, si nous analysons le comportement et la couleur des fumées de pyrolyse (par exemple), nous constatons que cette soit disant "analyse" est quasiment impossible. Regardez le ciel et les nuages. Ils peuvent être presque transparents, opaques, blancs, gris ou quasiment noirs. Les nuances sont nombreuses. Or un nuage est composé d'eau et l'eau est transparente.
Etonnant? Soufflez doucement devant vous. Vous soufflez du CO2, gaz transparent. Faite la même chose en hiver: vous "voyez" le CO2. En fait, pratiquement tous les gazs sont transparents et les gaz de pyrolyse, à de rares exceptions, sont transparents. C'est le fait qu'un gaz à un certaine température et avec un certain taux d'humidité entre en contact avec une autre masse de gaz, de température et de taux d'humidité différents, qui fait qu'il va se produire un phénomène de condensation, donc de production de fines gouttelettes d'eau, qui vont dévier les rayons lumineux et produire cet effet de "blancheur".
Ainsi une mini-maison réalisée par temps froid et sec ne fume pas de la même manière que la même mini-maison réalisée par temps chaud et humide.
Croire que l'on peut analyser les "fumées blanches" simplement en les observants est donc une erreur. A la limite, on peut se dire que "ça fume plutôt blanc", mais au delà de cette analyse "basique" on entre vite dans l'inconnu.

Le temps que l'on doit consacrer à l'étude de la fumée doit donc être court, puisque rapidement les paramètres deviennent trop nombreux pour permettre une analyse en cours d'opération.
Il faut donc analyser chaque élément de la théorie afin de bien déterminer si son contenu amène quelque chose en opération. Et il ne faut pas se contenter de dire "Oui", il faut décrire pour chaque séquence de cette théorie, ce que cela apporte réellement. Concernant la pyrolyse par exemple, il suffit de dire que ça fume blanc, que les fumées qui se dégagent sont difficiles à différencier de la vapeur d'eau et qu'on considérera donc toujours les fumées blanches comme étant de la pyrolyse. On dira que ces fumées sont combustibles et devront toujours être refroidies et que les objets qui pyrolysent devront aussi être refroidis.  On indiquera aussi qu'éteindre avec peu d'eau produit peu de vapeur d'eau, et qu'ainsi, si nous avons plein de fumée blanche nous pourrons en déduire que "puisqu'on a éteint avec peu d'eau, cette fumée n'est pas de la vapeur donc c'est de la pyrolyse".
Pour le Chef d'Agrès, nous pourrons rajouter qu'il devra surveiller la quantité de fumée blanche en se disant que si tout est refroidi et que cette quantité de fumée blanche reste constante ou augmente, c'est que des éléments cachés continuent à pyroliser.
En clair, pas de formules, pas d'équation, mais des détails très terre-à-terre.

Pour ce qui est de l'explication sur la production de fumée (cf. article "Pourquoi ça fume") nous constatons que de très nombreux "spécialistes" ne savent même pas pourquoi ça fume! Or, opérationnellement, cette explication a un intérêt. En effet, puisque le principal problème, c'est la fumée, si nous savons par quel processus mécanique celle-ci est produite, nous pouvons agir sur ce processus pour l'empêcher et donc diminuer la production de fumée (Note: une nouvelle version de l'article "Pourquoi ça fume" est en préparation, avec les explications sur les implications opérationnelles).

Il faut donc nettoyer la théorie, en mettant, pour chaque partie, une justification opérationnelle. Il sera alors facile de constater qu'une bonne partie ne sert pas à grand chose. Un Sergent volontaire nous a dit après sa formation sous-off "C'était intéressant, mais cela ne me donne aucune bille et je ne vois pas le lien avec les interventions". Compte tenu du fait que la formation coûte très cher aux services et qu'en plus les volontaires ont de moins en moins de temps, arriver à ce genre conclusion après avoir perdu une semaine de vacances pour aller se former, c'est pour le moins gênant...

La maison du feu et le caisson
Passons maintenant aux équipements de formation, tel que les maisons du feu et les caissons. Là encore, les investissements semblent être fait sans prendre en compte l'opérationnel. Comment justifier l'achat d'une maison du feu "au gaz" donc ne produisant pas de fumée, tout en rabâchant en permanence qu'il faut se méfier des fumées? La seule utilité que l'on puisse trouver à ce type d'installation serait une utilité pour les Chefs d'Agrès afin de les faire manœuvrer dans le cadre de l'approche d'un bâtiment, positionnement des engins, prises de décisions. Et encore... si la prise de décision doit se faire en fonction de la fumée, comme il n'y en a pas, cette prise de décision risque d'être difficile et peu fiable.
Ceci ne veut évidement pas dire qu'il ne faut pas manoeuvrer (argument classique, "si ça sert à rien, on va rien faire") mais plutôt qu'il faut réfléchir à "comment faire".

Le caisson "bois" offre la possibilité de mieux appréhender le feu car c'est un feu qui fume. Sauf que le caisson pose plusieurs problèmes: s'il possède un exutoire, il offre la vue d'un comportement de feu qui ne sera pas observé dans la réalité car l'exutoire évacue principalement les gaz chauds qui, dans la réalité, ne peuvent pas s'échapper. Si le caisson ne possède pas d'exutoire, cela permettra de parfaitement voir la stratification des fumées. Par contre, dans un cas comme dans l'autre (avec ou sans exutoire), la partie "pratique des lances" sera presque toujours faussée. En effet, étant donné que les impulsions sont des actions qui ne semblent pas devoir donner un grand effet de part leur très faible durée et la très faible quantité d'eau envoyée, la seule solution qui a été trouvée pour que les stagiaires se rendent compte de l'efficacité des impulsions, consiste a évacuer les fumées afin de produire un plafond de flammes. Bien oranges, bien présentes sur toute la largeur du caisson, les flammes sont impressionnantes, clairement définies et surtout les impulsions y produisent un effet visible.
Le problème c'est qu'en intervention, la situation ressemble assez peu à celle du caisson: le plafond de fumée est très bas, on ne voit rien du tout et les impulsions ne sont suivi de pratiquement aussi effet visuel. Il y a bien, dans la plupart des cas, baisse de la chaleur, mais avec les tenues de feu, cette baisse est difficile à discerner. On peut dire qu'avec une caméra thermique, on verrait mieux, mais c'est un équipement coûteux et on rajouterait alors un nouvel équipement à un binôme qui a déjà du mal à progresser avec son ARI, sa lance, les coudes du tuyaux dans les portes etc...

L'incrédulité des stagiaires
Un autre point à noter, c'est l'incrédulité des stagiaires. Trois anecdotes nous ont mis la puce à l'oreille. La première s'est déroulée à Brasilia. Un formateur flashover, ayant déjà formé des dizaines de sapeurs-pompiers, a écrit un jour au Lieutenant responsable de la formation pour lui indiquer qu'étant de garde il avait participé à un feu d'appartement et qu'il avait utilisé les techniques qu'il enseignait. Jusque là, rien de bien étonnant, sauf que le courrier se terminait par une remarque du genre "C'est super, ça marche"... En fait, le formateur semblait étonné que les techniques qu'il enseignait puissent fonctionner!
Après avoir pris connaissance de ce courrier, nous nous sommes demandé s'il ne représentait qu'un cas isolé. Un ami, formateur flashover à Lisbonne nous a alors raconté une anecdote assez similaire: il forme le personnel d'une caserne de la ville. Quelques jours après, cette caserne est appelée pour un feu de restaurant. L'équipe arrive, installe les lances, progresse comme indiqué dans la formation et éteint en quelques secondes. Le lendemain, cette équipe se présente à l'école, va voir cet ami formateur pour lui dire "On a utilisé ce que tu nous a appris. Ben dit donc, c'est super, ça marche!", suscitant un peu la colère de notre ami qui se demandait si ses stagiaires pensaient que, d'habitude, il ne leur racontait que des bêtises!
La troisième fois, ce fut lors d'un stage formateurs flashover que j'encadrais dans le Sud de la France. Le dernière jour du stage, les futurs formateurs donnaient cours à des sapeurs-pompiers "cobayes". Le matin, ceux-ci avaient suivi le cours théorique, assistés à une démonstration de mini-maison et se retrouvaient l'après midi comme stagiaires des futurs formateurs. J'observais alors un binôme de futurs formateurs expliquant la progression avec le pulsing: activité de découverte, démonstration temps réel, démonstration commentée justifiée, reformulation puis activité d'application. Tout était excellent et les stagiaires "cobayes" réalisaient le geste de façon quasi-parfaitr. Je décidais alors d'intervenir, en sachant que les stagiaires "cobayes" étaient tous sapeurs-pompiers professionnels, très impliqués dans l'opérationnel avec pour certains plus de 10 ans de service. Je leur ai dit "J'ai une question à vous poser et je veux une réponse honnête: vous êtes dans un appartement en feu, vous devez progresser dans le couloir. Au plafond, sur toute la largeur du couleur, il y des flammes sur 30cm d'épaisseur et sur 3 à 4m de long. Vous devez avancer. Vous venez d'apprendre une technique pour ça. Est-ce que vous l'utiliserez?".
Ne me plaçant pas dans la peau du formateur qui sait tout ou du gradé qui demande "le cours était bien?" et à qui on répond évidement "Ah oui mon Commandant", j'ai obtenu LA vraie réponse. Elle a été claire et la même pour tout le monde: "certainement pas! On va ouvrir la lance en grand et arroser bien fort parce que le pchit pchit en l'air, c'est quand même ridicule" ...
Inutile de dire que l'on commence alors à se poser des questions...

Le binôme avec un homme et des roulettes
Le mythe du sapeur-pompier, seul, sauvant femme et enfants, transpire à tous les niveaux des formations, alors que l'analyse des interventions démontre que tout est affaire de groupe et de cohésion de ce groupe. Le héros ne réussi que grâce aux actions des sans-grades et ce sont les défauts des sans-grades qui tuent le soit-disant héros. Et c'est bien là LE problème: l'observation de la plupart des formations incendie montre que celles-ci ont tendance à traiter le problème de façon individualiste, en favorisant ce concept du "héro". Nous avons vu ainsi des formateurs flashover demander à ce que l'incendie soit une "spécialité"! Quelques uns seraient les portes lances, tout auréolés de gloire, les autres se contentant d'alimenter l'engin. Sauf que si l'alimentation n'est pas faites, e pauvre garçon tout auréolé de son soit disant savoir, risque d'être bien embêté sans eau à la lance, face au feu.
Une vidéo, à priori tournée dans l'Est de la France, dans une maison du feu au gaz, nous a permis de prendre conscience de ce dysfonctionnement. Elle montre un binôme qui progresse, passe une porte, continue à progresser, trouve une victime et la sort. Le problème c'est que le binôme n'en est un que par le fait qu'il y a deux être humains. Mais l'action du second membre du binôme est tellement insignifiante qu'en mettant à sa place deux roulettes sur le tuyau, on obtiendrait le même effet. Lors de la première progression, le pauvre garçon ne fait strictement rien. Pour passer la porte, il se contente de regarder le "super porte lance" qui s'occupe de tout. Le comble est atteint lors de la découverte de la victime: le porte lance se retourne, donne sa lance au second, avec un geste signifiant de toutes évidences "je te fais l'honneur de te laisser tenir ma lance, mais si tu t'en sers, ça va mal se passer" et c'est le "porte lance" qui sort la victime.

Comment peut-on espérer qu'un groupe de 6 ou 8 sapeurs-pompiers puisse travailler avec une bonne cohérence quand on est incapable de démontrer cette nécessité de cohérence avec un seul binôme?

Le turn-over
Si cet écart entre le mode de formation individualiste et le besoin opérationnel (qui est un besoin de cohésion de groupe) pose effectivement problème, nous constatons que ce manque de cohésion a aussi des impacts plus vicieux, à plus long terme. Un coup d'oeil autour de nous, dans les rangs des sapeurs-pompiers professionnels, nous montre que tout ceux qui ont souhaités s'investir dans leur activité, ont vite compris que cela passait par un travail d'équipe. Or, paradoxalement, tout l'infrastructure et son organisation visent à favoriser les individualités. Résultat, quasiment aucun sapeur-pompier professionnel ne réussi a mettre en oeuvre un changement au sein de son service. Il se retrouve seul et sa hiérarchie ne l'aide pas. Il abandonne généralement son espoir de changement et s'oriente fréquemment vers une autre activité. Lorsqu'elle est sportive, elle est individuel (cross, triathlon) et quand elle reste dans le domaine "pompier" elle est aussi individuelle, avec par exemple l'essor de la RCCI. Si du côté des professionnels le salaire et la sécurité de l'emploi empêchent l'hémorragie des ressources humaines, ce manque de cohésion et l'esprit individualiste donne des résultats dévastateurs chez les volontaires...

Conclusion
De ces remarques et analyses nous pouvons déjà tirer quelques conclusions. En premier, la place de la théorie doit être revue à la baisse. Elle devient rapidement trop compliquée pour le public concerné, mais en plus elle comporte tout un tas d'éléments inutiles ou  inapplicables en intervention. En second, la partie pratique doit prendre en compte le fait que l'activité est une activité de groupe. Ce n'est pas facile car former un individu à un geste technique ou lui bourrer le crâne avec la théorie est largement plus facile que de faire passer un message de cohésion. Et ceci en peu de temps puisque les formations doivent être courtes.

Pour finir, voici trois liens sur des vidéos que nous avions tournés en Belgique, il y a quelques années. La première montre la progression, la seconde l'attaque pulsing penciling et la troisième le passage de porte.

Observez le travail du porte lance: il est concentré sur son geste, regarde devant lui. Son espace visuel est très réduit et son geste est simple. Mais observez surtout le travail de son équipier. Ici, son rôle est majeur: il aide en positionnant le tuyau de la bonne manière et surtout, il n'arrête pas d'observer. En terme de sécurité du binôme, d'analyse des actions à mener (victime? espace à vérifier? trou dans le sol? risque d'effondrement? etc...), c'est l'équipier qui fait le plus gros travail, pas le porte lance!
Nous avons ici un véritable binôme, qui communique (le passage de porte est très significatif avec les gestes entre les deux hommes).

https://www.youtube.com/watch?v=xTYmXGLvsAg
https://www.youtube.com/watch?v=aWzTW2gsRII
https://www.youtube.com/watch?v=vrwDVcpfM6M


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Re: Revoir la formation (Score: 1)
par alfred-de-morzac le 14 août 2015 à 13:36:39
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
Le gros du travail sa consiste déjà à créer un groupe cohérent à partir d'une multitude d'individualité.

Quand on prend le rythme de travail de professionnel (qui ne permet plus d'avoir d'équipe fixe) ou le turn over volontaire on se rend compte de la difficulté d'avoir une vrai équipe.

Quand on prend une équipe de foot ou autre, mettre un ensemble de grande star ensemble mais qui ne s'entende pas ou ce connaissent peu est généralement moins efficace qu'une équipe qui travail dans la continuité. (on peut parler de l'équipe de foot allemande lors du mondial, Joachim lowe, l'entraineur allemand avait toujours annoncé sont souhait d'avoir une équipe soudé, et il a créer un groupe solide utilisant les individualités mais surtout capable de réagir en commun. là ou d'autres équipes misait sur le talent individuel, on peut parler du brésil ou le talent de quelques uns devait compenser la faiblesse du groupe... avec le résultat que l'on sait pour le brésil.

Les pompiers c'est pareil. Un groupe cela se construit à cours, moyen et long terme... et pourtant, là dessus on à du mal à le faire. Parce qu'on a comme le remarque PL une contradiction, c'est l'individu qui est mis en avant dans l'exploit alors que c'est le groupe qui lui permet de réaliser ceci...

Et pour créer un groupe, il n'y a pas 10 000 façons, il faut se connaitre. Je vais prendre un exemple personnel, en formation CFAPSR à l'époque, sur une semaine. Les atelles cervico thoracique venait d'arriver et nous étions formé et devions manoeuvrer dessus le 1er jours. Fin de la journée, test en situation concrête sur le sujet. On à galérer pour sortir la personne de la voiture, en discutant beaucoup alors que le principe d'utilisation on l'avait compris et on avait travaillé avec l'outil toute l'après midi. résultat plus de 30 minutes (c'est énorme) pour tout finir... fin de semaine de formation, la même équipe, on fait un exercice noté cette fois ci similaire. Mais là, on connait un peu mieux le matos, mais surtout on se connait. Les choses sont fluides, très peu de parole, juste des remarques et vérifications, usuel. résultat 7min et des brouettes pour finir la manoeuvre...
On a gagne tout ce temps parce que de 1, le 1er jour le chef d'agrès ne connaissaient pas ces gars, les gars n'avait pas entière confiance dans les capacités du chef d'agrès. Les gars se marchaient dessus parce qu'il fallait vérifier ce que faisaient l'autre....
Le dernier jour on connaissait les points forts et les points faibles de chacun et donc chacun se répartissait au mieux pour compenser sans avoir besoin d'ordre ou autre et sans discuter...

Pour cela,je pense le modèle français du spv à une chance, c'est que la diversité des interventions, fait que l'on peut apprendre à se connaitre "en pompier" sans être sur un gros feu. Mes premières armes, je les ais faites sur des fuites d'eau, nid de guêpes, récupération animale, tronçonnage (c'est chouette la campagne), mine de rien, c'est en faisant ces opérations avec des sp plus vieux que j'ai acquis leur respect et que j'ai eu confiance en eux.

Après, sur le rôle de l'équipier.... qui à réellement eu une formation dessus, moi j'ai eu un texte me disant les devoirs du porte lance et les devoirs de l'équipier. Mais au delà de cela, rien, nada, que dalle... à si on a vérifié que le noeud que je faisais pour amarrer la lance était le bon avec la jolie boucle bien comme il faut...

Nous avions déjà discuter ensemble pl, de qui devrait prendre la place de l'équipier / porte lance. On cantonne le travail de l'équipier à quelqu'un qui tire le tuyaux et qui obéit, alors que à mon sens, le plus expérimenté devrait prendre ce rôle pour analyser, regarder et conseiller si nécessaire...



 
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