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Pédagogie et formation

Comment tuer un BAT ou à défaut, le brûler griévement...
- Paru le 06/03/2005
- Déjà lu 12834 fois.

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Tactique et Pratique bulletArticle: Les fenêtres: rupture, ouverture et impact sur l'usage des moyens aériens


Dans la majorité des cas, les informations relatives aux traitements des feux de locaux concernent des feux gérés par du personnel "à pied", qui pénètre dans la structure, soit au niveau du feu, soit par usage d'escaliers. Mais de nombreux incidents surviennent lors des attaques menées par le biais d'ouvertures de fenêtres, cette ouverture pouvant être réalisée elle aussi par du personnel "à pied" ou via des moyens aériens, ce qui rend les opérations plus complexes.

Les ouvertures
Généralement la pénétration dans la structure se fait par les portes. La porte est un ouvrant qui possède plusieurs particularités: elle peut se manipuler depuis l'intérieur ou depuis l'extérieur, peut être ouverte puis refermée. Même si on cherche à l'ouvrir en la défonçant avec une masse, elle peut néanmoins être refermée (du moins partiellement). En plus, sa rupture est rarement généralisée: un trou provoqué dans une porte n'en détruit pas la totalité. Enfin, la solidité de la porte dépend peu de la différence de température entre la face soumise au feu et celle qui ne l'est pas.

La fenêtre est un ouvrant très différent: elle ne s'ouvre que de l'intérieur de la structure (pas de poignée à l'extérieur) et il est difficile de la maintenir partiellement ouverte. En effet, les cales de bois que l'on peut mettre au sol, pour bloquer une porte, sont inopérantes sur les fenêtres puisque celles-ci sont rarement au ras du sol (exception des portes-fenêtres). Seuls des "bloques portes" tels que ceux travaillant par chevauchement des gonds pourraient éventuellement servir à un tel blocage. Ce point est d'ailleurs beaucoup plus problématique qu'il n'y paraît : la solution la plus simple pour maintenir une fenêtre ouverte, c'est de casser les carreaux alors même que maintenir une porte ouverte peut se faire simplement en la calant avec un objet. Mais dans le cas de la porte, si l'ouverture s'avère être une mauvaise idée, il est toujours possible de refermer. Avec le bris de vitre, le choix est définitif. La position élevée de la fenêtre empêche également de la maintenir avec le pied tandis que l'on fait usage de la lance par exemple.

En termes de forcement, la fenêtre est également différente de la porte: l'usage de leviers, pieds de biches, moyens hydrauliques ou pneumatiques (JOG) qui s'avèrent non-destructeurs pour les portes, provoquent généralement la rupture des vitres des fenêtres, suite à la déformation de l'huisserie.

La mode de rupture est également différent: la porte va brûler partiellement et généralement percer par endroit, en partie supérieure. Ce percement va permettre une extraction des gaz chauds, mais pas d'apport de comburant. Dans certains cas, cette extraction des gaz chauds va même permettre un abaissement de la température du local. En clair, lorsque la porte cède en partie supérieure, elle a un peu moins de chances de continuer à se dégrader.
Par contre, la rupture de la fenêtre va généralement être plus soudaine. Cela vient du fait que les vitres cèdent par la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur. Cela expliquait que les fenêtres simple-vitrage se brisaient rapidement lors de l'évolution des feux.
Ce n'est plus le cas avec les doubles vitrages, du moins jusqu'au début de la rupture: dés qu'une des deux vitres du double-vitrage cède (chaleur, choc, déformation lors du forcement), cela provoque la transformation immédiate de la fenêtre en une fenêtre simple vitrage, puisque la couche d'air isolante disparaît. Or, par cette différence de température, la rupture n'est que rarement partielle: la vitre se fendille et c'est rapidement toute la surface de verre qui tombe.

La gestion de l'ouverture (ou devrions-nous dire de la "rupture") des fenêtres est un point à traiter avec une grande précaution. Briser des fenêtres alors que des intervenants se trouvent dans la structure est une opération à haut risque, qui ne devrait être réalisée qu'à condition qu'une communication permanente soit établie (moyens radios efficaces) et que cette ouverture soit demandée par les intervenants se trouvant dans la structure. Briser une vitre "pour aider à ventiler" est la pire des choses à faire, d'autant plus que les feux de locaux sont toujours dépendants de l'apport de comburant.
Dans le cas des opérations menées par l'extérieur, avec moyens aériens, le problème se pose de façon encore plus complexe puisque la fenêtre est (sauf rares exceptions) l'unique moyen de pénétration, soit pour des sauvetages, soit pour l'extinction.

Triple vitrage et "maison passive"
Alors que le double vitrage est désormais très répandu, nous voyons déjà apparaître des fenêtres en triple vitrage. La raison est simple: dans un double vitrage, c'est la couche d'air emprisonnée entre les deux parois de verre qui fait isolation. Plus cette couche d'air est épaisse, plus l'isolation est bonne, du moins jusqu'à une épaisseur de 16mm. Au-delà, des phénomènes "parasites" se produisent et l'isolation devient moins bonne. Il n'est donc pas souhaitable de faire du double vitrage avec une couche d'air de 25mm par exemple, puisque nous aurions alors une isolation moins bonne qu'avec 16mm d'air. La solution consiste à faire deux couches de 16mm. Une fenêtre triple-vitrage est donc composée de 3 plaques de verre (généralement de 4mm d'épaisseur) et de 2 couches d'air de 16mm d'épaisseur. L'ensemble fait donc 4+16+4+16+4 = 44mm d'épaisseur...
Cette super-isolation trouve tout son intérêt dans ce qui est nommé "maison passive". Ce terme désigne des habitations qui n'ont pratiquement pas besoin de chauffage. Sachant que l'être humain dégage de la chaleur et que l'activité ménagère en dégage également (four, sèche linge, fer à repasser etc...) une telle production thermique peut suffire à maintenir une chaleur confortable dans l'habitation, à condition bien sûr que celle-ci soit bien isolée. Dans de telles habitations, le chauffage existe, mais n'est utilisé que durant un très petit nombre de jours. La ventilation est mécanique et un système récupère la chaleur en sortie, pour la réinjecter dans l'habitation. Au niveau des vitrages, la situation est paradoxale: dans une habitation, ce sont principalement les vitrages qui constituent le maillon faible de l'isolation. La solution serait donc de ne pas en avoir. Mais il faut de la lumière et le vitrage est la solution idéale pour capter la chaleur solaire. Le triple vitrage est donc une excellente solution puisqu'il permet d'avoir des surfaces vitrées qui vont laisser pénétrer la chaleur et la lumière mais qui en même temps vont éviter la déperdition de cette chaleur. L'évolution des techniques est telle que désormais, ce n'est plus la vitre elle-même qui est le point faible, mais le pourtour (huisserie) de la fenêtre! Alors que pour des raisons d'isolation et de solidité, il était anciennement préférable d'avoir de petites fenêtres avec de petits carreaux, la grande qualité de l'isolation fait qu'il est désormais préférable de diminuer la surface d'huisserie. En clair, il faut mieux une immense fenêtre plutôt que plein de petites!
Comparons 4 fenêtres simple-vitrage de 1m2 chacune, avec une seule fenêtre de 4m2 en triple vitrage, afin de comprendre l'impact de cette évolution sur les actions des sapeurs-pompiers: avec les 4 fenêtres, la rupture d'une fenêtre provoquait une entrée d'air sur une surface d'1m2 et la chute d'1m2 d'éclats de verre. En regroupant ces 4 fenêtres pour n'en former qu'une seule, c'est désormais une surface de 4m2 qui sera disponible pour l'entrée de comburant (puisque dés le début de la rupture, la totalité de l'ouverture risque de tomber), mais en plus, le vitrage étant triple, ce sont désormais 12m2 d'éclats de verre qui résulteront de la rupture de la fenêtre...

Les risques
L'apport de comburant débouche sur deux risques principaux. D'abord les risques explosifs de type smoke-explosion (apport d'énergie dans un pré-mélange combustible-comburant) et backdraft (apport de comburant dans un local avec combustible et énergie potentielle). Dans le cas des ouvertures de porte, les deux risques existent mais le sens habituel d'ouverture des portes peut éventuellement en limiter l'impact: si les intervenants se contentent d'ouvrir partiellement la porte, sachant que dans la majorité des cas l'ouverture de celle-ci se fait en poussant, la surpression provoquée par l'explosion refermera la porte. Dans le cas d'une fenêtre, il n'en sera rien: même si l'explosion survient alors que la fenêtre n'est que partiellement brisée, son affaiblissement sera telle qu'elle cédera immédiatement lors de l'explosion ajoutant la projection d'éclats de verre à l'impact de l'onde de choc.
Il faut noter que les explosions ne se produisent pas toujours via l'ouverture qui a été pratiquée. L'ouverture d'une porte peut provoquer un backdraft dont la surpression provoquera l'éclatement d'une autre ouverture, ou même de la structure : cas de l'éclatement du toit de l'église St John (Illinois - USA) ou de la verrière supérieure de la Minoterie d'Ernée (Mayenne-France)). Se trouver devant un ouvrant, quel qu'il soit, est donc toujours dangereux.

Pour les explosions, le risque est essentiellement présent dans le cône d'expansion qui se trouve en face de l'ouverture et aux zones situées en dessous (chutes de matériaux). La sécurité peut être augmentée par un positionnement en dehors de ces cônes d'expansion, ou éloigné de l'ouverture.

En dehors des risques explosifs, nous trouvons les risques d'inflammation, de type flashover (montée en température et inflammation générale du local impliqué) ou flash-fire (apport d'énergie dans un mélange combustible comburant, s'enflammant sans forme explosive violente). Dans les deux cas, il va y avoir émission de fumées surchauffées puis, lors de l'inflammation, accroissement du volume gazeux par augmentation de la température, donc présence d'un front de flamme en sortie des ouvrants.
Sachant que la chaleur est émise à environ 30% par rayonnement et à 70% par convection, l'impact de ces risques va dépendre de la présence d'un plafond. Dans un local, la vague de chaleur va heurter le plafond et se propager horizontalement. Lorsque le flux thermique s'échappe à l'extérieur (bris d'une fenêtre via un moyen aérien par exemple), la propagation va être verticale, avec un impact immédiat et très important sur les étages supérieurs. Il n'est pas rare de voir les fumées d'un feu situé à un certain étage, polluer des étages parfois éloignés et y propager l'incendie.

Les moyens aériens
L'abord d'une structure via des moyens aériens est une opération à haut risque: les ouvertures ne peuvent être que du type "fenêtre" donc des ouvertures qui seront vite importantes et incontrôlables, avec chutes de matériaux. La propagation verticale sera difficile à enrayer et la fuite sera rendue pratiquement impossible compte tenu de la lenteur de mouvement des moyens aériens.

Les outils de grande longueur ou les outils comme le Strike (système du même inventeur que le JOG) permettent de briser les vitres rapidement, en se tenant à plusieurs mètres de celle-ci, en dehors du cône d'expansion.
Dans le cas ou le bris de vitre ne pourrait se faire qu'en se mettant en face de la fenêtre, il est nécessaire de se protéger par des moyens hydrauliques (jet de protection) et surtout, de déplacer ou reculer rapidement les moyens aériens sitôt la fenêtre brisée.

Secteur de Starthclyde - Grande Bretagne. De gauche à droite et de haut en bas. En premier la fenêtre est cassée sur une toute petite surface, par le bas. Dés la rupture, une lueur jaune orangé est visible. Sur la seconde image, prise seulement 2 seconde plus tard, la totalité de la fenêtre a déjà cédé. Cinq secondes plus tard (en bas à gauche, image 3) l'arrosage commence. Il est réalisé avec un jet étroit, qui a peu d'impact sur les fumées. Trente secondes plus tard (en bas à droite, image 4) les fumées prennent feu. Outre le fait qu'un jet diffusé aurait sans doute permis un meilleur refroidissement des fumées, le temps s'écoulant entre la rupture totale de la vitre et l'inflammation permettait de s'éloigner de la fenêtre et donc de rester en place pour lutter même après l'inflammation des fumées.

Nous parlons de Progressions Rapides du Feu, donc de feu dont la propagation se fait essentiellement dans des combustibles gazeux (fumées) avec une vitesse contre laquelle un être humain ne peut pas grand chose. Bloqué dans la nacelle de son échelle ou de son bras élévateur, le sapeur-pompier n'a aucune chance de se sauver, sauf à sauter, ce qui n'arrangerait certainement pas sa situation. En clair, soit il est au bon endroit avec les bons moyens et il pourra réagir, soit il n'est pas bien placé et n'a pas les bons moyens et il ne pourra que subir.

Moyens hydrauliques et distance d'action
Alors que le jet droit a une portée très supérieure au jet diffusé, c'est pourtant un jet droit qui est généralement utilisé alors même que les moyens aériens sont souvent proches de l'ouverture.
A la rupture de la fenêtre, les fumées s'échappent par le haut et l'air frais entre par le bas. L'inflammation des gaz surchauffés va se faire via deux paramètres plus ou moins liés: l'apport de comburant et l'élévation de chaleur. L'apport de comburant va modifier le mélange combustible + comburant et faire évoluer celui-ci vers des proportions de plus en plus propices à l'inflammation. En même temps l'apport de comburant va favoriser la reprise du feu, l'élévation en température et donc l'inflammation, explosive ou non.
Pour empêcher cette inflammation, il faut refroidir la source de chaleur tout en diluant les fumées. La source de chaleur peut-être localisable (élément en feu) ou plus diffuse (fumées chaudes, au-dessus de leurs températures d'auto-inflammation ou foyer caché). Même face à l'ouverture, surtout à faible distance, il sera très difficile de localiser le foyer. La solution consisterait à attendre que la fumée s'échappe, mais plus le temps passe et plus le risque augmente.

Dans pratiquement tous les cas de positionnement des moyens aériens, les intervenants sont très prés de l'ouverture. A la rupture de la vitre, la fumée les gène, d'autant qu'ils ne peuvent pas reculer et que généralement aucun repositionnement préalable n'est réalisé. La solution qui vient à l'esprit consiste alors à utiliser un jet droit et d'arroser sous le flux de fumées, sans doute dans l'espoir d'éteindre le foyer, mais avec une faible visibilité précise de celui-ci. La lance ne traitant pas les fumées, celles-ci restent concentrées et hautement inflammables. En quelques instants, l'inflammation se produit, contre laquelle les intervenants ne peuvent pas grand-chose.

En utilisant des moyens hydrauliques éventuellement moins puissants, mais plus maniables (lance à 500lpm au lieu d'une lance à 1000lpm), mais surtout en reculant la nacelle d'un ou deux mètres et en se servant de la lance en jet diffusé, la situation peut évoluer différemment. Avec un angle de jet ouvert à 30° et en déplaçant la lance, la zone de refroidissement des fumées peut être importante, sans pour autant être pénalisée par la perte de portée, à condition évidement que la pression à la lance reste correcte (pour rappel, sur les lances actuelles en basse pression, il est nécessaire d'avoir 7 bars à la lance sauf cas spéciaux indiqués par le constructeur). Avec un débit de 500lpm, les gouttes possèdent un fort pouvoir de pénétration (gros débit = grosses gouttes = fort pouvoir de pénétration), tout en couvrant une surface nettement plus importante que le jet droit. Chercher impérativement à éteindre en premier la source, donc le foyer, ne présente pas un grand intérêt: dans les feux de locaux, ce sont les fumées qui constituent le danger principal, dont il faut s'occuper prioritairement.

De plus, en étant reculés de quelques mètres, les intervenants peuvent continuer à arroser, même en cas d'inflammation des fumées. Dans le cas contraire, leur seule issue sera de battre en retraite, privant l'intervention d'un moyen aérien très précieux: rien ne sert d'avoir un moyen hydraulique puissant si la proximité du foyer empêche de s'en servir.

A noter également qu'avec une lance en jet diffusé, débit important et angle de seulement 30°, il est possible de pratiquer une attaque "combinée" (ZOT) dans le local, depuis l'extérieur. Cette attaque produit de la vapeur, mais comme elle se pratiquera depuis l'extérieur, via une ouverture, le risque de brûlure sera minime, là encore à condition que la nacelle ait été éloignée.

Note: bien évidement, quel que soit le type d'incendie, le port de la tenue de feu complète avec casque, gants, cagoule etc... est obligatoire, tout comme le port de l'ARI.

Le placement
Une simple analyse des photos d'incendie d'immeuble, montre une constance en termes de propagation et de fumée. Dans un incendie, la propagation se fait à environ 70% par convection, donc vers le haut. En plus, la fumée est sensible au vent, qui est souvent important lors des interventions en hauteur. Sous le niveau de feu, le danger est minime. Juste au-dessus, il est important. Sur les côtés en hauteur, il devient de plus en plus faible, malgré une très forte dépendance au vent.

Photo de gauche: en rouge, zone de feu, en bleu zone de danger. Elle est sensible à la chaleur émise par la zone de feu, et sera envahie rapidement par les fumées. Sur la photo de droite, la zone de danger est fortement déplacée par le vent.

Plusieurs hypothèse de placement des moyens aériens:

- En dessous du plan du feu. Dans ce cas le danger est moindre, bien que des chutes de matériaux soient toujours possibles. Ne pas oublier que si le sapeur-pompier dispose d'un casque, ce n'est pas le cas des personnes évacuées.

- Sur le même plan que le feu, mais sur le côté. Dans ce cas, il faut se méfier du vent qui peut dégager un des côtés, et provoquer la pollution de l'autre. Attention aux changements de vent! Dans le cas d'une action menée avec des moyens importants, les ventilateurs peuvent être utilisés pour "pousser" les fumées et dégager les zones proches du foyer. Cette méthode a été observée aux USA, avec des ventilateurs montés sur les nacelles des bras élévateurs. Elle ne fonctionne évidemment qu'en l'absence de vent violent, les ventilateurs étant alors incapables de lutter contre ce vent.

- Au-dessus du feu, sur les côtés. La distance par rapport au feu va avoir un impact important sur le choix tactique. Plus la distance est faible, plus le danger est grand et va se rapprocher du cas d'une action juste au-dessus du feu.

- Juste au-dessus du feu. C'est la position la plus délicate. Imaginons que nous ayons un feu au 3éme étage et que des sauvetages soient nécessaires juste au-dessus, au 4éme.

  • Cas 1 - La fenêtre du 3éme a cédé. Dans ce cas, la convection empêchera toute extraction des victimes au 4éme. Celles-ci seront en effet brûlées avant de pouvoir redescendre. Seule une attaque puissante du feu au 3éme permettra d'effectuer les sauvetages. Idéalement, il faut conjuguer l'attaque par l'intérieur avec celle par l'extérieur, afin de maîtriser le plus rapidement possible l'incendie.
  • Cas 2 - Le fenêtre du 3éme est intacte. Dans ce cas il est préférable d'en éviter la rupture. Mais en même temps, il faut prévoir des moyens permettant de réagir si elle cède. Il est impensable de dresser une échelle au 4éme et de sortir les victimes en "espérant" simplement que la fenêtre du 3éme pourra tenir! La solution consiste sans doute à dresser l'échelle au 4éme, mais à placer une lance en attente en face de la fenêtre du 3éme (au milieu d'un plan de l'échelle par exemple). Alimentée, réglée en jet diffusé assez large, cette lance sera mise en attente avec un sapeur-pompier prêt à l'ouvrir. Si la fenêtre cède, cette lance pourra servir pendant quelques instants à couvrir la retraite des intervenants situés plus haut, ainsi que des victimes.

Dans tous les cas, l'échelle doit être commandée par un opérateur resté au sol, très attentif. Espérer que des sapeurs-pompiers, dans une nacelle, entourés par le feu, vont garder l'esprit clair pour piloter leur échelle, est un pari risqué.

Il peut être bon de citer Vincent DUNN (ancien Deputy Chief du FDNY), bien connu pour ses publications sur les incendies, et qui indique: "Les solutions pour sauver les personnes qui se trouvent dans un immeuble en feu, sont dans l'ordre du meilleur au moins bon: les tours d'évacuation étanches à la fumée, les escaliers encloisonnés, les issues de secours incendies, les plateformes aériennes, les échelles aériennes" ("50 Ways Firefighter Lives - Newsletter Juillet-Aout-Septembre 2005).
En clair, les moyens aériens sont considérés comme les moins bons et il faut si possible leur préférer les moyens utilisant la structure elle-même, tels que les escaliers encloisonnés ou les issues de secours.
Or pour garantir l'évacuation par les moyens les plus sûr, il faut encore et toujours revenir au grand principe des feux de locaux: attaquer pour sauver.

Cas extrêmes
Le cas de l'église St John montre l'absence de solution idéale. L'échelle aérienne est déployée au-dessus du toit de l'église et une équipe pénètre dans le local par une porte donnant sur l'extérieur. Il n'y a pas de fumée visible. A l'ouverture de la porte l'équipe perçoit une pénétration rapide de l'air, suivi d'une explosion (backdraft classique). L'apport d'air étant réalisé par un couloir étroit, l'onde de choc ne ressort que partiellement par ce chemin, bousculant les sapeurs-pompiers qui ont ouvert la porte. Mais la majeure partie de l'onde de choc provoque l'éclatement du toit, sur une grande surface. Soulevé de plusieurs mètres, le toit heurte l'échelle aérienne, provoquant la chute du sapeur-pompier s'y trouvant. Grièvement blessé, il ne devra sa survie qu'à la réaction rapide de ses collègues.

Dans ce cas, rien ne pouvait permettre de déterminer un meilleur emplacement pour l'échelle. La solution idéale n'existe donc pas: il faut simplement (et comme toujours) mettre en oeuvre des actions qui, en se cumulant, optimiseront progressivement les conditions de sécurité. N'entreprendre une amélioration qu'à condition que les solutions soient "parfaites" est la meilleure excuse pour ne jamais rien faire et continuer à subir.
Sachant que l'intervenant n'aura pas la possibilité de se sauver, la tenue de feu doit être parfaitement mise en place: la cagoule ne doit pas laisser apparaître de peau, le port des gants "textiles" est impératif: les gants cuirs se rétractent à la chaleur, occasionnant de très graves détériorations des doigts. De même, les intervenants doivent être attachés afin d'éviter qu'en cas d'explosion, ils ne soient projetés au sol.

Beaucoup de chance
L'évacuation d'une personne par une fenêtre, au-dessus du plan du feu, peut s'avérer catastrophique. C'est uniquement par une grande chance et une réaction rapide que la situation peut être non pas maîtrisée, mais que l'on peut éviter qu'elle ne devienne trop catastrophique. Nous en avons l'exemple avec le récit de l'action de Kevin Mitchel.

Le 7 août 1998 à 4:27 de l'après midi, la Ladder Company 17 de Boston (USA) a été alertée pour un feu de niveau 6. Dés l'arivée sur les lieux, les engins ont été positionnés à l'arrière d'une bâtisse de 6 étages (stockage et habitation) pour dresser l'échelle aérienne et procéder aux sauvetages des personnes présentes dans les étages supérieurs.
Le sapeur-pompier Kevin Mitchel est monté à l'échelle et a trouvé une femme à la fenêtre du 4éme étage, fenêtre déjà envahie par la fumée. Alors qu'il était en train d'aider cette personne à venir sur l'échelle, le feu est passé au travers de la fenêtre située juste en dessous. Pour éviter que cette femme ne soit brûlée, il a eu le bon réflexe de la repousser immédiatement dans l'appartement, de la protéger avec son masque et de se diriger rapidement avec elle vers l'escalier intérieur. Tenter de la descendre par l'échelle aurait conduit sans nul doute à de graves brûlures pour le sapeur-pompier est au décès de cette personne.


Incapable de descendre via l'escalier à cause de la chaleur et de la fumée, ils sont alors retournés à la fenêtre. Pendant ce temps, des moyens hydrauliques puissants avaient permis de maîtriser le feu violent du 3éme étage. Mitchel a alors pu remettre la personne sur l'échelle, puis l'a guidée jusqu'au sol.

Même si l'issue a été heureuse, une analyse des risques méritent néanmoins d'être faite: Nous pouvons être certains que l'action de Mitchel consistant à repousser la personne dans la pièce, à aller à l'escalier puis à revenir, n'a duré qu'un temps très court, qui a pourtant suffit pour mettre en oeuvre une attaque suffisante pour "tuer le feu" du 3éme étage. La question peut donc se poser: était-il judicieux de tenter des sauvetages au-dessus du plan du feu, sans avoir préalablement commencé une attaque? Dans les circonstances actuelles, cela n'aurait retardé le sauvetage que de quelques dizaines de secondes. Par contre, imaginons que l'échelle, une fois la victime placée dessus, ait été simplement reculée d'un mètre, ou simplement que la victime ait descendu quelques barreaux: il aurait alors été impossible de repousser cette femme dans l'appartement, et elle serait certainement morte brûlée vive sur l'échelle. Inconscience de la victime, impotence, recul de l'échelle, manque de présence d'esprit du sapeur-pompier, etc... sont autant de paramètres qui auraient pu conduire au drame. Au contraire, la lutte rapide et puissante contre le feu n'auraient retardé le sauvetage que d'une durée sans conséquence pour la victime, mais en augmentant considérablement les chances de réussite. Seule la chance, et l'excellente présence d'esprit de Kevin Mitchel ont permis de rétablir la situation. Mais tout le monde n'aura pas cette chance et ce réflexe...


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