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Tactique et Pratique

Tactique (XI) - Fiche bilan?
- Paru le 03/12/2011
- Déjà lu 6922 fois.

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Cours formateurs flashover - Draguignan (Canjuers-France) 2009
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C'est mieux en le disant! bulletArticle: Evolution: le poids de l'Histoire (II)


Dans l'article précédent, nous avons mis en lumière le fait que les actions qui réussissent ne sont pas des preuves de l'efficacité du déroulement de ces actions. Lorsque l'action menée débouche sur un accident, et plus généralement sur le décès d'un sapeur-pompier, il y a parfois une analyse. Dans cet article, nous allons essayer de voir comment les autres entités (armée par exemple), gèrent ce genre de chose et dans quelles conditions ce type d'analyse sera confronté à la réalité du service.
Pour l'instant, nous ferons abstraction de la qualité de ces analyses en nous intéressant à la globalité et à l'histoire plus qu'au contenu réel des documents, ce qui sera fait dans un autre article.

L'Histoire
Estimer que la qualité du travail est simplement liée à la réussite de l'action menée est bel et bien une erreur faite quotidiennement par les services incendies, empêchant donc la véritable analyse. Mais si ceci est dramatique pour les militaires, ceux-ci possèdent néanmoins quelques avantages sur les sapeurs-pompiers.
Ainsi, le militaire peut analyser le passé car les batailles ont, de tout temps, été commentées.

Gaugamele
Lorsque le 1er octobre de l'année 331 avant notre ère, Alexandre le Grand engage la bataille de Gaugamèle contre Darius, tout est commenté et analysé.
Aujourd'hui, plus de 2000 après, un futur officier de l'armée peut, pendant sa formation, étudier Gaugamèle, la disposition des hommes, le nombre d'unités de chaque type, la composition des «phalenges», l'équipement des hoplites et la tactique mise en ?uvre par Alexandre pour vaincre une armée dont les effectifs était deux fois supérieurs aux siens.
Quand Jules César revient de campagne il doit en référer au Sénat et ne peut pas se contenter de dire «on a gagné» car son armée coûte très cher à l'état.
Le 25 octobre 1415, à Azincourt, les 25.000 soldats Français de Charles VI se font balayer par les Britanniques d'Henry V, qui ne sont que 6000. Avec plus de 10.000 morts côtés Français et seulement 600 côté Britannique, la défaite est cuisante. De nos jours, elle est encore étudiée car tout a été documenté.
Tout l'ouvrage de Guderian, «Achtung Panzer» ne prévoit la mise en place des unités blindées de la Seconde Guerre Mondiale, qu'en fonction d'analyses de la précédente, que les actions aient été couvertes de réussite ou d'échec, et même si ces actions «passées» sont d'une dimensions totalement différente des actions envisagées.
Tout peut être analysé, car tout est noté.  

Les informations
Pourtant l'armée est confrontée à des événements de plus en plus complexes et peu fréquents. Face à cette complexité, elle réagit par la mise en place d'éléments de mesures, mais surtout d'éléments d'analyses. Mettre des caméras sous les avions de combats semble une évidence, mais il ne faut pas oublier les dizaines de personnes qui, à terre, archivent ces données, les analysent, les référencent, les trient et en tirent des conclusions qui serviront rapidement à améliorer la prochaine mission, la prochaine détection d'objectifs ou le choix de l'armement.
Mettre des caméras sur les échelles ou sur les casques de pompier ne semble servir qu'à se donner bonne conscience car chacun sait que les données ne seront ni analysées ni même conservées. Prélever des informations pourra sembler être une aide alors que ce ne sera qu'un pas de plus dans le découragement de ceux qui font l'effort de collecter et ne voient pas le résultat, et dans la validation des remarques des autres : «cela ne sert à rien». Dans ce cas, la volonté d'amélioration, mal contrôlée, aboutie au résultat inverse de celui espéré.

Nous avons aussi des preuves d'échecs, comparables à l'histoire de Von Kluck, dans d'autres époques. Ainsi, Alexandre le Grand a vaincu les Perses en utilisant la «phalange Macédonienne», une sorte de blocs formé par les hommes, équipés de lances de 4 à 6 m de long. Pendant plusieurs siècles la «phalange» a remporté succès sur succès, laissant progressivement penser que c'était la formation idéal. En 168 avant JC, les Macédoniens vont combattre les Légions Romaines qui ont vite fait de découvrir que la «phalange» ne résiste que parce qu'elle forme un bloc, mais que ce bloc est faible sur ses flans et se déplace lentement. Partant d'une logique de combat différente, l'armée Romaine réussi à vaincre les Macédoniens, qui, comme les Allemands avec Von Kluck, n'avait pas assez analysé leur conception des choses.

L'armée possède aussi un autre avantage : en se basant sur des analyses passées, en apprenant par l'étude de ces analyses, elle découvre qu'il faut analyser tout ce qui se passe et elle apprend à analyser.

Une Grande Muette? très bavarde !
En France, l'armée est souvent décrite comme «La Grande Muette», celle qui cache tout, et ne dit rien. Pourtant, une visite sur les sites militaires officiels, qu'ils soient Français, Britanniques, Américains etc? permet de trouver des dizaines de documents analysant les conflits.
Sur le site de l'Armée de terre Française, la revue «Doctrine» est en libre téléchargement. Dans le numéro 15 (septembre 2008), nous y trouvons un petit encadré dans lequel nous pouvons lire : «Au cours des quelques dernières années, chacun a pu observer que la puissance militaire conventionnelle pouvait être contournée. Nous sommes donc devant l'ardente nécessité de restaurer la crédibilité et l'efficacité de notre force armée. A nous de réfléchir aux évolutions souhaitables, aux nouveaux équilibres, en évitant d'apporter des réponses toujours plus perfectionnées à des questions qui ne se posent plus. A nous de penser autrement. A nous de préparer la guerre probable.».

La remarque «éviter d'apporter des réponses toujours plus perfectionnées à des questions qui ne se posent plus» est particulièrement intéressante. Est-ce que cela vaut la peine d'acquérir du nouveau matériel, de travailler sur l'étude de nouveaux outils, alors même que le problème réside en grande partie dans l'incapacité d'utiliser correctement le matériel actuel ? La recherche se justifie-t-elle encore, dans le sens où les techniques connues désormais de tous et que nous décrivons ici depuis plusieurs années, ont démontré leur efficacité. Peut-être sont-elles perfectibles (et elles le sont sûrement), mais le problème essentiel n'est-il pas simplement qu'elles ne sont pas assez utilisées ?  Nous en traiterons dans un prochain article, avec une analyse sur l'état de la recherche.

A noter que sur ce même site, nous trouvons un document de près de 120 pages, analysant l'opération Al-Fajr / Phantom Fury (Juillet ? Novembre 2004), mettant aux prises les soldats américains avec les rebelles iraquiens retranchés à Falloujah. Tout est documenté, analysé, et de véritables leçons en sont tirées.

La mort, déclencheur de toutes les émotions
Pour le militaire, la mort est un événement habituel. L'analyse de l'opération Phantom Fury n'est pas motivée par le fait qu'il y ait eu des morts. C'est un combat et les morts n'y sont que des «pertes normales». Dans ces analyses, le nombre de morts ou de blessés n'apparaît que lorsqu'il est significatif d'une réussite, d'un échec, ou d'une situation flagrante. Lorsque les GI's débarquent le 6 Juin 1944 à Omaha Beach, (Côtes de Normandie) et qu'une unité comme la A/116 perd plus d'une centaine d'hommes en 15 minutes,  c'est ce nombre rapporté au temps qui donne une valeur à l'information. Isolé, sans cette notion de lieu, d'action ou de temps, ce nombre de morts  ne veut rien dire.

Pour les sapeurs-pompiers, les choses sont différentes : le décès est vécu comme un événement de la plus haute gravité. Les sapeurs-pompiers  n'analysent donc que lorsqu'ils sont forcés de le faire, en l'occurrence lorsqu'il y a décès d'un des leurs. Les décès des civils passent souvent pour des morts «normales» et ne font d'ailleurs pas l'objet de véritables analyses.

Le choc et les contraintes
Lorsqu'un sapeur-pompier décède en intervention, sur place les hommes sont effondrés, pleurent, se serrent les uns contre les autres. Ce moment de stupeur passé, les cérémonies et les discours prennent le relais. Au milieu des gerbes de fleurs, les annonces sont faites. On parle de réforme, on parle d'analyse. Mais la montagne accouche toujours d'une souris car le service est en permanence pris entre deux positions qui le bloque.
En premier un soucis de corporatisme. La «fraternité», «l'esprit de corps», souvenir des temps héroïques des grandes guerres et des armées de conscription. Dans un tel esprit, nulle possibilité de critiquer une personne pour ses actes dangereux. Lorsque à San Pablo, croyant bien faire, un binôme enclenche un ventilateur et provoque un backdraft tuant deux autres sapeurs-pompiers, il est quasi-impossible de leur donner tort. Lorsqu'un sapeur-pompier abandonne un collègue, laissant celui-ci mourir dans un local, difficile de l'inculper.

La solution consiste à trouver une issue matérielle. Mais pas avec du matériel déjà acquis. Car c'est là le second point qui bloque l'analyse. A partir du moment où le service incendie dépend d'un financement public (ce qui est toujours le cas), les achats doivent faire l'objet de longues procédures et d'âpres débats entre les sapeurs-pompiers et les politiques.

L'achat de matériel est d'ailleurs une opération assez étonnante. Souvent, elle commence de façon impulsive, sous l'effet d'un bon commercial, qui vient vanter un produit, en indiquant que tel autre service s'en sert et en montrant des éléments de mesures généralement faussés. Une fois «persuadé» le service achat doit rentrer dans un processus très long, avec une montagne de documents et des réunions sans fin pour «faire passer l'achat».  Théoriquement, un achat devrait se scinder en 3 parties :
  • Tests et essais pour déterminer l'adéquation réelle du produit
  • Achat (réalisation du bon de commande et gestion administrative)
  • Réception et vérification

La première étape devrait être la plus longue, la seconde devrait être «anecdotique» et la troisième devrait être assez courte. Dans la réalité, la première étape est pour ainsi dire «oubliée», et toute l'énergie du service va se focaliser sur la seconde. Même s'il n'a pas été essayé, même s'il ne convient pas, le produit va demander une telle énergie pour son achat que sa réception sera vécue comme une énorme victoire par les acheteurs. Dès cet instant, il devient impossible de dire «vous avez acheté n'importe quoi !» car l'effort qui a été demandé semble validé, à lui seul, la qualité du produit.

Pour prendre une comparaison simple, imaginez qu'un cuisinier vous demande de lui apporter des tomates, mais que, ne sachant pas ce que c'est, vous lui apportiez des poireaux. Si le bac à légume est dans la cuisine et que pour apporter les légumes, vous devez seulement faire 2m, lorsque le cuisinier vous dira «Ah non, erreur, ça ce n'est pas une tomate, c'est un poireau», vous retournez simplement chercher le bon légume, à la limite, en riant de bon c?ur.
Si par contre, pour chercher les légumes, vous devez sortir de chez vous, prendre la voiture, vous trouvez coincé dans les embouteillages et passer plusieurs heures de recherche, la même réflexion du cuisinier, pour  la même erreur, ne sera pas vécue de la même manière. Soit le cuisinier vous dira que vous vous êtes trompé et vous aller entrer en conflit avec lui, soit il ne dira rien et fera sa recette avec les poireaux et pas les tomates, de peur de vous mettre en colère. Et comme le résultat ne sera pas celui attendu, vous en déduirez que le cuisinier est mauvais.
Pour les services incendies, c'est le cas des camions équipés avec du matériel dont le personnel ne sait pas se servir ou du matériel qui n'a pas d'utilité. Et dans ce cas, la faute en incombe bien évidemment à ceux qui utilisent (qui sont de toutes évidences des incapables) et pas à ceux qui ont acheté?

Ainsi, lorsque après plusieurs mois de discussion et d'efforts, le service achète enfin les outils tant vantés par les commerciaux, il devient quasiment impossible de rendre ces outils responsables des accidents. Comment écrire un rapport incriminant un matériel pour lequel les politiques ont voté un budget et pour lequel l'effort d'achat a été considérable?

Pour nier les évidences, la réalité est parfois tronquée, consciemment ou inconsciemment. Des plus jeunes aux plus anciens, tout le monde cherche des solutions dans de nouveaux «gadgets», payés à nouveaux par le contribuable et présentés comme infaillibles. Ah, si nous avions eu tel outil, cela ne se serait pas produit. Et le tour est joué. Personne n'est responsable, nous achetons du nouveau matériel et nous dormons sur nos deux oreilles.

Conclusion
Puisque le processus d'amélioration semble compromis par le mode d'achat du matériel, et aussi par le fait que l'Histoire n'apporte rien de bien précis pour se projeter efficacement dans l'avenir, de l'avis général, la solution se trouverait sans doute dans les rapports réalisés suite aux accidents.
Leur structure, leur contenu va donc faire l'objet de toutes les attentions, puisqu'à eux seuls, ils devraient représenter le «potentiel évolutif» des services incendie. Mais encore  faudrait-il que leur structure et leur contenu puisse permettre une telle analyse et puisse donc déclencher une véritable évolution?

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